Essai ANRS ICCARRE : une bonne nouvelle pour les malades

  • Par Laurent Rossignol

Le TRT-5 s’est fortement impliqué depuis longtemps pour que l’étude ANRS ICCARRE puisse voir le jour. Cette étude vise à tester une stratégie thérapeutique novatrice qui répond à une très forte demande des malades : trithérapie 4 jours sur 7 au lieu de 7 jours sur 7. Cette nouvelle posologie serait de nature à réduire la toxicité au long cours des traitements contre le VIH, mais aussi le fardeau global des traitements puisqu’elle entraîne des effets indésirables à long terme qui demandent eux-même à être traités.

Pour certaines personnes, pouvoir suspendre son traitement 3 jours par semaines (par exemple, du vendredi au dimanche) représentera peut-être un mieux-être psychologique, ou même physique si la prise du traitement habituel est associée à des effets indésirables. Bonne nouvelle : notre plaidoyer en faveur d’ICCARRE, toutes ces réunions, ces publications, ces interventions publiques et ces interviews n’auront pas été inutiles, puisque l’étude ICCARRE va enfin démarrer fin 2013, co-financée par l’ANRS (Agence Nationale de Recherche sur le Sida et les Hépatites Virales).

Si l’initiateur de l’étude est le Dr Jacques Leibowitch, l’investigateur principal en sera le Dr Christian Perronne, de l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches (92). L’essai ICCARRE comptera un peu plus de 100 participants, qui testeront le « 4 jours 7 » sur 48 semaines, soit pendant environ un an. C’est le nombre de personnes dont la charge virale sera restée indétectable à la fin de l’essai qui sera le critère principal pour conclure si la stratégie est efficace ou non. Toutes les combinaisons ne seront pas autorisées, mais la stratégie sera testée avec les trithérapies les plus courantes. Une vingtaine d’hôpitaux incluront des patients dans l’étude un peu partout en France.

Une stratégie de trithérapie 5 jours sur 7 a déjà été évaluée avec un certain succès en 2008 (étude FOTO). Si les résultats de l’essai ICCARRE sont positifs, le TRT-5 pourra être tenté de plaider pour qu’un autre essai du même type mais beaucoup plus large soit organisé. Ou pour que soit testée une diminution encore supérieure (jusqu’à 3 jours sur 7 ? 2 jours sur 7 ?) de la nécessaire consommation d’antirétroviraux des séropositif-ves.