Journée de réflexion scientifique 2011 - Nouvelles perspectives thérapeutiques dans le VIH : rémission, guérison, éradication

Programme de la Journée scientifique TRT-5 2011 Lundi 12 décembre 2011 au FIAP Jean Monnet (Paris, 14ème)

Chaque année, le collectif interassociatif TRT-5 organise une Journée de réflexion scientifique ouverte à tous, consacrée à un enjeu d’actualité de l’infection à VIH. En 2011, elle se tiendra le lundi 12 décembre prochain, au FIAP Jean Monnet (30 rue Cabanis, Paris 14 ème arrondissement, métro Saint-Jacques ou Glacière, ligne 6).

L’année 2011 marque le trentième anniversaire des premiers cas de sida. Après une première période durant laquelle les options thérapeutiques étaient peu nombreuses et insuffisantes pour empêcher le passage au stade sida des personnes atteintes, les 15 dernières années ont été marquées par la mise à disposition de combinaisons thérapeutiques puissantes, qui ont changé le visage de l’épidémie et la vie avec le VIH, au moins pour les personnes qui ont la chance d’y avoir accès. Ainsi, en un peu moins d’une génération – ce qui est très peu – les progrès accomplis sur les plans du traitement et de la prise en charge de l’infection ont été immenses, transformant une maladie mortelle à court terme en pathologie chronique avec laquelle il est désormais possible de vivre.

Depuis, la recherche s’est orientée vers l’amélioration des thérapeutiques disponibles, tant en matière d’efficacité que de réduction des effets indésirables et d’amélioration de la tolérance ou de prévention de la survenue de complications. On s’intéresse également de plus en plus à la préservation ou à la restauration des capacités immunitaires. Si l’on sait désormais contrôler la réplication du virus dans l’organisme humain, d’autres objectifs sont poursuivis ; il s’agit en particulier de progresser dans la connaissance et la compréhension des mécanismes d’installation de l’infection dans l’organisme, celle des atteintes du système immunitaire ou celle de la persistance d’une réplication virale résiduelle ou latente.

L’actualité récente de la recherche sur le VIH/sida est marquée par le retour sur le devant de la scène de l’idée qu’une « guérison » de l’infection est possible. Il ne s’agit pas d’une nouveauté dans l’histoire de l’épidémie : cet objectif scientifique avait été promu au moment même où les inhibiteurs de protéase allaient changer le cours de la vie des personnes vivant avec le VIH. La communauté des acteurs de la lutte contre le sida s’était alors enthousiasmée d’une piste qui semblait prometteuse, et surtout pleine d’espoir après les années tragiques qu’elle venait de traverser. Cependant, ces espoirs avaient été rapidement déçus.

« Eradication » ? Le terme est aujourd’hui largement employé au sein de la communauté scientifique, même s’il semble plus une « chimère » à charge symbolique positive qu’une réalité accessible à court terme. A certains égards, il tient néanmoins aujourd’hui lieu d’horizon de recherche et de politiques publiques pour des pans entiers de la communauté des acteurs de la lutte contre le sida. A l’échelle des individus, on s’interroge sur la possibilité de parvenir à éliminer le virus de l’organisme humain – l’expérience du patient dit de Berlin ouvrant de ce point de vue des pistes d’investigation. D’autres notions sont débattues, comme celle de la « rémission fonctionnelle », qui permet de penser le traitement de l’infection à VIH à travers deux « modèles » de pathologies : celui des maladies infectieuses, qu’il s’agit de guérir, celui des cancers que l’on envisage « seulement » de contrôler.

Le quasi-changement du statut de l’infection à VIH dont sont porteuses ces pistes thérapeutiques, même lointaines, soulève également de nouvelles questions de recherche. Les cohortes de séropositifs « non progresseurs à long terme » ou « contrôleurs du VIH » ont commencé à nous apprendre que ces statuts singuliers dans l’infection à VIH induisaient des modalités spécifiques de vécu de la maladie – qui n’est d’ailleurs plus qualifiée ainsi. Si elles contribuent à transformer de nouveau l’épidémie, ces pistes thérapeutiques ouvriront également de nouvelles perspectives sur la vie avec le VIH et sa perception, ainsi que de nouveaux champs de recherche.

Le groupe interassociatif TRT-5 souhaite que cette Journée de réflexion permette de dresser un état des lieux des données scientifiques disponibles et des orientations de recherche à venir, en particulier dans les domaines de la virologie, de l’immunologie ou de la génétique. Dans une perspective de court terme, on parcourra les enjeux de la charge virale résiduelle et de l’inflammation (meilleure compréhension de la pathogénèse pour de nouvelles cibles, marqueurs d’inflamation, intensification du traitement…). On s’intéressera à un objectif de moyen terme, à travers l’idée de la rémission fonctionnelle (traitement dès la primo-infection, vaccin thérapeutique, interleukines, antirétroviraux « à action longue »…). Dans une perspective d’éradication, on explorera notamment les questions d’élimination des réservoirs ou de thérapie génique.

Cette Journée s’inscrit dans une dimension prospective, et s’article autour des nouvelles stratégies dans les domaines thérapeutiques. Il est particulièrement important de replacer ces nouvelles orientations dans une réflexion globale sur leurs implications en termes de réalités vécues et perçues de l’infection à VIH et de l’épidémie de sida.

Vous trouverez ci-dessous le programme de cette Journée.

8h30 – Accueil

9h – Ouverture et introduction (TRT-5)

9h15 – Traitements du VIH aujourd’hui : apports et limites. Pourquoi en vient-on à parler d’un « après antirétroviraux » et de toutes ces notions « nouvelles » ? Panorama des questions de recherche sur les nouvelles pistes thérapeutiques
Yazdan Yazdanpanah, médecin, professeur des universités-praticien hospitalier, Service de maladies infectieuses et tropicales, Hôpital Bichat, Paris

9h35 – La parole au public : questions d’éclaircissement

9h45 - Traitements du VIH : d’où venons-nous et où sommes-nous ?
Regards croisés malade / médecin. Evolutions qu’ont connu les TARV, vagues successives. Place du traitement dans la vie et le parcours thérapeutique des PVVIH. Place du traitement dans la pratique du soin
Gilles Pialoux, médecin, professeur des universités-praticien hospitalier, Service de maladies infectieuses et tropicales, Hôpital Tenon, Paris
Christophe Martet, cofondateur de Yagg, le premier média social LGBT

10h10 – La parole au public : questions d’éclaircissement

10h – La parole au public : questions d’éclaircissement

10h15 – Pause

Peut-on induire une rémission dans l’infection à VIH ?

10h45 – Les séropositifs "contrôleurs du VIH" : un modèle de guérison fonctionnelle ?
Olivier Lambotte, médecin, professeur des universités-praticien hospitalier, Service de médecine interne, Hôpital Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre

11h – Les patients VISCONTI
Asier Saez-Cirion, virologue, chargé de recherche, Unité de régulation des infections rétrovirales, Institut Pasteur, Paris

11h15 – Faut-il traiter en primo-infection ? Enjeux actuels (réservoirs, transmission).
Cécile Goujard, médecin, professeur des universités-praticien hospitalier, Service de médecine interne, Hôpital Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre

11h30 – La parole au public : questions d’éclaircissement et débat

12h – Pause déjeuner

Comment contrôler l’infection en renforçant le système immunitaire ?

13h30 – Les mécanismes d’inflammation et d’activation
Laurence Weiss, médecin, professeur des universités-praticien hospitalier, Service d’immunologie clinique, Hôpital européen Georges Pompidou, Paris

13h45 – La restauration immunitaire
Amélie Guihot-Thevenin, médecin, assistante hospitalo-universitaire, Service d’immunologie Cellulaire, Hôpital La Pitié-Salpêtrière, Paris

14h – La parole au public : questions d’éclaircissement

14h15 – Traiter l’activation immunitaire au cours de l’infection à VIH : actualités et perspectives
Jean-Daniel Lelièvre, médecin, professeur des universités-praticien hospitalier, Service d’immunologie clinique, CHU Henri-Mondor, Créteil

14h30 – Vaccination thérapeutique
Jean-Daniel Lelièvre, médecin, professeur des universités-praticien hospitalier, Service d’immunologie clinique, CHU Henri-Mondor, Créteil

14h45 – La parole au public : questions d’éclaircissement

15h – Pause

15h15 - Détour par le concept de "rémission pharmaceutique" : l’expérience des patients de Garches
Pierre de Truchis, médecin, praticien hospitalier, Département de médecine aigue spécialisée, Hôpital Raymond Poincaré, Garches

Est-il possible d’éradiquer le VIH ?

15h30 – Eradiquer le VIH : panorama des pistes de recherche
Antoine Chéret, médecin, praticien hospitalier, Service universitaire des maladies infectieuses et du voyageur, CH de Tourcoing

15h45 – Le « patient de Berlin »
Pierre Corbeau, médecin, professeur des universités-praticien hospitalier, Institut de Génétique Humaine CNRS UPR1142, Montpellier, et Laboratoire d’Immunologie, CHRU de Nîmes

16h – La parole au public : questions d’éclaircissement et débat

16h30 – Table ronde « Vivre avec le VIH en rémission ? Vivre avec le VIH sans le VIH ? Perspectives, éclairages, débats. »

Participant-e-s

  • Nathalie Bajos, sociologue, directrice de recherche, Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations INSERM UMRS 1018, Le Kremlin-Bicêtre
  • Dominique Costagliola, biostatisticienne et épidémiologiste, directrice de recherche, Unité Epidémiologie, stratégies thérapeutiques et virologie cliniques dans l’infection à INSERM UMRS 943, Paris
  • Antoine Chéret, médecin, praticien hospitalier, Service universitaire des maladies infectieuses et du voyageur, CH de Tourcoing
  • Hugues Fischer, coordinateur recherche en prévention d’Act Up-Paris, représentant à TRT-5
  • Renaud Persiaux, chargé de mission soutien aux soins de AIDES, représentant à TRT-5

17h45 - Conclusion

18h - Fin de la Journée


Fichiers associés