RUPTURE D’ARV -OBSERVATOIRE DU TRT-5- ANALYSE ET ACTIONS EN COURS (OCTOBRE 2011)

L’observatoire mis en ligne par le TRT-5 doit être entendu comme un outil de veille. Il ne prétend pas apporter une vision exhaustive du nombre de cas de ruptures d’approvisionnement en ARV dans les pharmacies de ville, ni des difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les patients pour suivre leur traitement dans les meilleures conditions possibles.

RUPTURE D’ARV : L’OBSERVATOIRE DU TRT-5

L’observatoire mis en ligne par le TRT-5 doit être entendu comme un outil de veille. Il ne prétend pas apporter une vision exhaustive du nombre de cas de ruptures d’approvisionnement en ARV dans les pharmacies de ville, ni des difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les patients pour suivre leur traitement dans les meilleures conditions possibles.

Fin septembre 2011 le TRT-5 a réuni 190 signalements exploitables car correctement documentés.
Ce nombre est très largement inférieur aux difficultés rencontrées comme le laisse entendre la lecture des questionnaires qui indiquent que de nombreuses personnes ont déjà été confrontées par le passé à des ruptures non signalées faute d’outils mais également les échanges téléphoniques pris avec certains pharmaciens d’officine ou laboratoires pharmaceutiques que nous avons contactés.

Parmi les réponses à l’observatoire, 26 % des patients ont mentionné des interruptions de 1 jour à 15 (!!) jours dans la prise de traitements du fait des difficultés d’approvisionnement en ARV dans les pharmacies de ville. Ce chiffre signifie qu’un répondant sur quatre a été contraint d’interrompre son traitement avec tous les risques que cela comporte et les graves conséquences sur sa santé.

Par contre, élément nouveau, 14% des patients ont attendu entre 2 et 15 jours (délai absolument anormal) un renouvellement d’ordonnance qui, précautions prises, n’a heureusement pas occasionné d’interruption de traitement.

La situation ne s’améliore pas. Par contre les patients deviennent plus précautionneux. Quoi qu’il en soit cette situation est toujours intolérable.

PRINCIPAUX MEDICAMENTS CONCERNES

Certains médicaments, peut-être parce qu’ils sont plus utilisés que d’autres, semblent davantage concernés : Norvir® (22% des cas mentionnés),Prezista® (19%), Kivexa® (17%), Truvada® (8%) and Kaletra® (7%). Sont également signalés Reyataz®, Ziagen®, Combivir® and plus rarement Aptivus®, Viramune®, Atripla®, Epivir®, Trizivir®, Telzir®, Isentress®, Celcentri®, Invirase®, Fuzeon® and Intelence®.


REPARTITION GEOGRAPHIQUE DES DIFFICULTES RECENCEES

Les cas de rupture d’approvisionnement recensés sont toujours en très grande majorité signalés par les patients eux même (puisque seulement 14 cas ont été transmis par des professionnels) mais certains laboratoires, lorsqu’ils sont interrogés, n’hésitent pas à renseigner le TRT-5 sur les difficultés rencontrées.
Les cas de ruptures se répartissent toujours pour moitié en Ile de France (48%) et pour moitie en Région (52%).

En régions, PACA arrive largement en tête (23%) des cas rapportées. Viennent ensuite l’Aquitaine (12%) Midi Pyrénées (11%) Rhône-Alpes (10%)….

CAUSES DES DIFFICULTES D’APPROVISIONNEMENT EN ARV IDENTIFIEES PAR LE TRT-5

Elles n’ont pas varié.
Les fins de mois/début du mois suivant et les périodes qui précédent des périodes de vacances sont toujours difficiles.
Pourtant, les changements dans la politique nationale de dépistage du VIH (Plan national VIH-sida 2010-2014) ainsi que dans les recommandations officielles de mises sous traitement plus précoces (Rapport Yeni 2010) devraient voir augmenter substantiellement la demande en antirétroviraux dans notre pays
Le moindre alea dans la chaine de distribution a toujours les mêmes répercutions dans la dispensation des ARV par les pharmacies de ville.
Par ex à propos du Norvir, ARV particulièrement utilisé : (1) toutes les pharmacies de Montrouge ont été dans l’incapacité de distribuer cet ARV fin janvier 2011 et (2) un problème informatique dans un centre de répartition d’Abbott a provoqué des perturbations dans l’approvisionnement des grossistes répartiteurs durant l’été 2011 et donc une pénurie de ce médicament dans les pharmacies de ville en période estivale.

Il est encore trop tôt pour savoir si les numéros d‘urgence officiellement envoyés durant l’été par l’Afssaps à l’ensemble des pharmacies de ville a été utilisé et à permis de réduire les attentes de livraisons et les interruptions de traitement.


LES ACTIONS MISES EN PLACE

Certaines dispositions ont été reprises dans le cadre du projet de loi médicament. D’autres mesures réglementaires sont également attendues pour permettre de sécuriser l’ensemble de la chaîne de dispensation des médicaments.

Il est entendu que l’Afssaps et la DGS doivent poursuivre la réflexion sur l’articulation entre les dispositions du code de la santé publique et celles du code du commerce afin de limiter les difficultés d’approvisionnements constatées tout en respectant les principes communautaires européens de libre circulation. Nous réfléchissons sur la constitution l’une liste de différentes classes de médicaments, non substituables, à haut niveau d’observance. Nous attendons cependant toujours la première version du décret d’application annoncé au printemps 2011 et dont la raison d’être reste entière…… !!