Nouvelles molécules anti-VHC pour les personnes vivant avec le VIH : les laboratoires doivent permettre des ATU nominatives

Le télaprévir et le bocéprévir seront prochainement accessibles aux personnes
vivant avec le virus de l’hépatite C (VHC), sous la forme d’Autorisations
Temporaires d’Utilisation (ATU) de cohorte. Ce dispositif permet l’accès à de
nouveaux traitements avant que leur soit octroyée une Autorisation de Mise sur le
Marché (AMM) – en l’occurrence, celle-ci devrait leur être accordée à la fin de
l’année 2011.

Les collectifs interassociatifs de lutte contre le VIH/sida et les hépatites TRT-5 et
CHV travaillent actuellement avec l’Agence française de sécurité sanitaire des
produits de santé (AFSSaPS) et l’Agence nationale de Recherches sur le sida et les
hépatites virales (ANRS) à des solutions qui pourraient permettre au plus grand
nombre de personnes vivant avec le VIH et le VHC de bénéficier d’un accès précoce
à ces deux nouvelles molécules. Deux essais thérapeutiques menés par l’ANRS
débuteront dans les trois prochains mois ; ils permettront à moins de 200
personnes de bénéficier de ces nouveaux traitements.

Cela n’est pas suffisant. C’est pourquoi TRT-5 souhaite que ces nouveaux
traitements soient rapidement accessibles aux personnes qui en ont besoin sous
la forme d’Autorisations Temporaires d’Utilisation (ATU) nominatives
protocolisées. Cette solution est soutenue par l’AFSSaPS et l’ANRS. A notre
demande, cette dernière étudie actuellement la possibilité que ces ATU nominatives protocolisées fassent l’objet d’un recueil structuré des données de
tolérance, pour veiller à la sécurité des personnes.

Les associations réunies au sein du groupe interassociatif TRT-5 attendent des
firmes Janssen et Schering-Plough qu’elles s’engagent à fournir les traitements
nécessaires à la mise en place d’autorisations temporaires d’utilisation
nominatives protocolisées pour les molécules télaprévir et bocéprévir pour les
personnes coinfectées par le VIH et le VHC.

Post-scriptum

La co-infection par le VIH et le VHC
Plus de 25 % des personnes vivant avec le VIH, soit environ 30 000 personnes, vivent
également avec une hépatite C chronique. L’infection par le virus de l’hépatite C figure
parmi les premières comorbidités et les premières causes de mortalité chez les personnes
séropositives au VIH : l’infection par le VIH aggrave le pronostic de l’infection par le VHC en
accélérant la survenue de la fibrose hépatique, en accroissant le taux de survenue de
cirrhose et en accélérant son développement. Par ailleurs, la réponse aux traitements anti-
VHC est moins bonne chez les personnes coinfectées par le VIH que chez les personnes
mono infectées par le VHC, dans un rapport de 1 à 2.
Parmi les personnes coinfectées par le VIH et le VHC, plusieurs milliers ont eu un échec du
traitement actuel de référence (une thérapie combinée d’interféron alpha pégylé et de
ribavirine). De ce fait, leur pronostic vital est engagé à court ou moyen terme. Elles ont un
besoin impérieux de pouvoir bénéficier rapidement des innovations thérapeutiques qui
pourraient améliorer leur état de santé par l’élimination du VHC de leur organisme.