Les associations de lutte contre le sida protestent contre les laboratoires Abbott

Les associations rassemblées au sein du TRT-5 ont rencontré, la semaine dernière, les représentants d’Abbott France au Conseil National du Sida, dans le cadre d’une réunion qui devait les informer de la mise à disposition de l’antiprotéase ABT-378, très attendue pour les personnes en situation d’échec thérapeutique grave. Au mois de juin, le TRT-5 avait manifesté son impatience face à l’attente de ce médicament. Quatre mois plus tard, Abbott refuse une ouverture d’une Autorisation Temporaire d’Utilisation (un accès compassionnel) et propose, à la place, un accès de 40 traitements (il était préalablement question de 50 traitements, ce qui était déjà insuffisant) pour toute la France.

Proposer ce traitement dans le cadre d’un essai ouvert est inacceptable parce qu’il est foncièrement inéquitable : en effet, Abbott propose 40 traitements par le biais d’un essai thérapeutique ouvert. L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de la Santé (AFSSAPS) serait, elle, favorable à la mise en place d’une ATU nominative depuis la publication des résultats encourageants des essais de Phase II chez les personnes en échec thérapeutique à la condition que le produit soit disponible. De toutes les nouvelles molécules attendues par les malades, l’ABT-378 est celle qui est la plus avancée dans son développement (dépôt de dossier de mise sur le marché européen prévu pour juin 2000).

Face aux 8000 personnes en impasse thérapeutique en France, comme en 1996 avec le Norvir, les laboratoires Abbott proposent aux associations de cautionner la pénurie. Le calendrier d’Abbott menace de mort plusieurs centaines de malades en France.

Le groupe interassociatif TRT-5 réunit les associations Actions Traitements, Act Up-Paris, Aides, Arcat – Sida, SolEnSi, VLS - Vaincre le Sida, Sida Info Service, Nova Dona.

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